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Workshop interne avec l’équipe de l’EPFL-ECAL-lab pour évaluer lubyk. Si tout va bien, on aura quelques démos à mettre en ligne…
Nous travaillons actuellement sur le spectacle des bateaux pour nulle part prévu pour l’automne 2012.
28m2 de désir éclairés par 10 Watts de cerveau
Ce spectacle évoque le désir de transformer notre quotidien, de changer de peau ou d’en effleurer d’autres. Le désir de vivre ou de ne pas mourir, d’être là ou ailleurs. De changer le monde ou de changer de monde. Le comédien, accompagné par une contrebassiste sur scène, raconte, danse ou chante ces différents désirs.

28m2 de désir éclairés par 10 watts de cerveau évoque le désir de transformer notre quotidien, de changer de peau ou d’en effleurer d’autres. Le désir de vivre ou de ne pas mourir, d’être là ou ailleurs. De changer le monde ou de changer de monde.
Le spectacle se divise en cinq parties qui traitent de cinq types de désir :
- désir de puissance
- désir d’un ailleurs meilleur
- désir sexuel
- désir d’éternité
- désir à domicile avec la vente du jeu “Jeros”, jeu de société érotique spécialement conçu pour le spectacle
Ainsi, Gaspard Buma illustre la force et la bêtise que nous procurent nos désirs et nous offre un one-man show intelligemment bouffon. Accompagné par la contrebassiste Joce- lyne Rudasigwa, il promet un périple scénique allant du récit au chant, de l’expérience sur cobaye à la reconstruction du mobile du crime, en passant par la vente de matériel pour l’accroissement du désir au sein du couple. Un spectacle drôle, parfois grinçant, mais humble, car il s’agit d’un cerveau, celui de l’artiste, n’éclairant qu’une partie infime d’un vaste sujet, soit 28m2 la taille de la scène.
Actif dans des spectacles performatifs depuis 1998 et lauréat de la bourse fédérale des Beaux-Arts 2005, Gaspard Buma a présenté plusieurs projets à l’Arsenic. Au Festival Les Urbaines (2003), il vantait les qualités de son logiciel d’aide à la résolution d’états de crise Draw Your Life et cherchait a restauré notre harmonie intérieure avec la per- formance Harmonie Restore Tools. Plus récemment, dans le cadre d’un week-end dédié à la performance, il présentait Partition pour 8 muscles et 1 sampler (2005).
extrait de texte/“désir d’un ailleurs meilleur”
“Il y a des tyrans partout. Mon conjoint me surveille et cherche à me violenter si je lui résiste. Mon patron surveille le temps que je passe aux toilettes. Ma femme a investi tout l’espace domestique, je dois me réfugier au garage. Mes enfants ne me parlent que de leurs ennuis. Ma mère m’étouffe. Mon père ne me comprend pas. Mon oncle ne m’a pas vu grandir, il me prend toujours pour un gamin. Mon concierge tond le samedi matin quand je dors. Les automates à billets ne rendent pas la monnaie. La gérance ne veut pas changer ma cuisinière qui surchauffe. Ma voisine du dessus fait du bruit quand elle jouit. Le chien du voisin défèque près de la place de jeux. La ville a autorisé la construction d’un immeuble horrible qui me bouche la vue, le seul plaisir que j’avais. La gérance ne m’a accordé qu’une demi-journée pour la lessive. Mon directeur refuse que je suive des cours de formation continue. Ma prof de danse ne se rend pas compte des efforts que je fais. Ma gynécologue lubrifie mal ses instruments. La secrétaire m’agresse sans raison. Les jeunes ne me laissent pas m’asseoir. Les Suisses-Allemands font du bruit dans le train. Les Serbes parlent une langue que je ne comprends pas. La Migros produit des légumes qui n’ont pas de goût. Les enfants crient inutilement dans la cour de récréation. Les Etats-Unis ne sont unis qu’avec eux-mêmes. Les médias me culpabilisent avec leurs informations sur la misère dans le monde. Les écoliers rejettent ma fille. Elle rentre en larmes de l’école. Leur parents sont des cons. L’architecte fait volontairement durer les travaux de l’immeuble d’en face. Mon conjoint rentre, mange et part au bistrot. Mon patron surveille mes e-mails. Ma femme veut ranger le garage. Mon fils me traite de con. Ma mère critique ma femme. Mon père me traite d’incapable. Mon oncle croit me connaît- re. Mon concierge commence de tondre à 7h30. Les automates ne rendent toujours pas la monnaie. Le poisson pourrit au frigo. Mon directeur me critique devant mes élèves. Ma prof de danse me traite de piquet. Ma gynécologue ne lubrifie plus ses instruments. La secrétaire fait courir des rumeurs sur moi. Les jeunes font du bruit avec leurs téléphones et ne me laissent pas de place pour m’asseoir. Je suis fatiguée ! Pourquoi les Suisses-Allemands crient-ils tout le temps dans la gare ? Je suis sûr que les Serbes mecritique dans leur langue cryptée. J’aime pas les légumes de la Migros ! On pollue trop. Ils roulent en 4×4 en ville ! Il n’y a plus de place ! Il n’y a plus de place, pour toi, pour moi, pour eux. Les enfants hurlent pour agacer les braves gens. Les ouvriers écoutent de la musique en travaillant. Il y a de la pub à la radio. On m’agresse avec des filles quasi nues partout en ville sur les affiches. Quand je suis tout excité, je dois encore me castrer tout seul.” Gaspard Buma